- Bamako -

Publié le par Sylvain Brunerie

Bamako - Le blog CinéNiavlysDe Abderrahmane Sissako.
Avec Aïssa Maïga, Tiécoura Traoré, William Bourdon...
Scénario de Abderrahmane Sissako.
Drame.
1 h 58 min, Mali/France.
Vu en V.O.

► Après Blood Diamond, le cinéma nous montre une fois de plus la misère de l'Afrique. Sauf que cette fois, c'est différent. Très différent, même. Bamako, c'est l'histoire d'un invraisemblable procès fait par la société civile africaine à la Banque Mondiale et le FMI, qui est installé dans la cour d'une maison. Témoins et avocats s'y succèdent pour défendre leur point de vue. Et la vérité éclate (même si on la connaissait déjà). La situation calamiteuse de l'Afrique et l'égoïsme des pays qui la dominent apparaissent comme une évidence. Surtout que le procès est d'une authenticité surprenante : les villageois qui témoignent, ainsi que les autres, d'ailleurs, font preuve d'un naturel et d'une sincérité surprenants, et le message passe. Il faut savoir que le procès n'était pas écrit au moment de tournage, et que les avocats, bien réels, ont "improvisé" le procès et donné leurs propres arguments. C'en est d'autant plus efficace.
    Mais s'il est sans aucun doute réussi sur le fond, Bamako l'est moins, à mon sens, sur la forme. Le premier argument qui viendra étayer ce point de vue sera un phénomène physiologique : le puissant effet somnifère, difficilement répressible, que le film a eu sur moi. Sissako, peut-être pour divertir le spectateur, lui montre, parallèlement au procès, de petites histoires sans queue ni tête, se déroulant dans le même village que le procès, maladroitement reliées à l'histoire principale. Et on s'endort, à moins de comprendre le petit quelque-chose qui lie le tout.
    Peut-être que ce type de construction est typique du cinéma africain. C'est probable, mais ça n'en est pas moins déroutant. Il faut sûrement s'habituer à ce cinéma-là. En attendant, on retiendra de Bamako le petit téléfilm diffusé sur la télévision malienne, une parodie de western spaghetti, épisode particulier mais savoureux.

L'avis de mon grand-père Alain
(et ma grand-mère Suzon est d'accord)

Note :

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Publié dans Salles obscures

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