- Mon nom est Tsotsi - La critique victorieuse

Publié le par Sylvain Brunerie

    Si vous avez lu attentivement mon deuxième article sur le festival Itinérances, vous connaissez déjà la bonne nouvelle. Mais si vous ne l'avez pas encore lu – ce que je vous invite à faire –, voici de quoi il s'agit. Le premier vendredi de ce festival, j'avais participé à un concours de critique de film pour "jeune public". Et devinez quoi... Dans ma catégorie (seconde), j'ai gagné le premier prix (ex aequo) ! Alors, avec un petit retard, comme à mon habitude, voici la critique qui m'a valu cet honneur. Et à part le titre (que je ne vous communiquerai pas, bien entendu), j'en suis plutôt content (il faut dire que j'y ai passé du temps, et que je l'ai faite avec amour – ce que j'essaierai de faire plus souvent, maintenant...).





    Son nom est "Tsotsi", soit "voyou" dans notre langue. Son existence miséreuse de jeune sud-africain s'attaquant aux plus faibles est un jour bouleversée par la découverte d'un bébé dans la voiture dont il vient de s'emparer. Dans son esprit quelque peu tourmenté, la bonté finira (bien sûr) par prendre le dessus. De cette histoire ont découlé un livre, puis un film. Et le cinéaste s'est, à première vue, approprié avec brio l'œuvre originale d'Athol Fugard.
    En effet, sa mise en scène, en apparence posée mais en fait très dynamique dans le cadre, tout à fait maîtrisée, est captivante. Alternant magnifiques plans larges de grands espaces et magistraux (mais parfois assez durs) gros plans, le tout agrémenté d'une superbe composition à tout moment, le cinéaste fait la part belle à l'esthétique. Mais pas seulement : le montage, parfaitement rythmé, tient en haleine le spectateur tout le long du film.
    Au début, l'ambiguïté du personnage de Tsotsi ne fait aucun doute, comme on le voit dans la très belle séquence avec l'aveugle, dans laquelle on sent bien la dualité du personnage. Mais, son cruel manque d'amour maternel se confirmant de plus en plus, l'ambiguïté, pourtant intéressante, finit par disparaître.
    Autre aspect faussement positif, le cadre de cette histoire est en quelque sorte un symbole de la misère de l'Afrique : les protagonistes vivent dans de pauvres bidonvilles, aux côtés de la masse des immeubles des riches. Le problème ici est que la misère est loin d'être misérable, et est même parfois un peu trop belle et heureuse pour être encore de la misère. Le geste au moins est là : touché par la situation de l'Afrique du Sud, Gavin Hood fait même apparaître à deux reprises une affiche de prévention contre le sida. Un joli geste, donc, mais ça ne suffit pas.
    Ainsi, malgré toutes les qualités qu'il peut avoir, Mon nom est Tsotsi manque, au fond, de sincérité, et souffre de faux sentiments. La plupart du temps, c'est comme si Tsotsi se sentait observé, probablement par la caméra. La justesse, qui permet de toucher réellement le spectateur, n'y est pas. Et c'est toute la difficulté du cinéma, de la trouver.



    ► Remarque : En recopiant cette critique, j'ai résisté à la tentation de changer quelques mots, et j'ai donc scrupuleusement respecté mon texte.

    ► Informations sur le film :
Mon nom est Tsotsi (Tsotsi), de Gavin Hood.
Scénario de Gavin Hood, d'après "Tsotsi", de Athol Fugard.
Avec Presley Chweneyagae (Tsotsi), Terry Pheto (Miriam), Kenneth Nkosi (Aap)...
1 h 34 min, Afrique du Sud / Royaume-Uni.

Publié dans Salles obscures

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Martine André 05/04/2007 21:42

En recopiant ta critique tu as rsisté à la tentation de changer quelques mots, dis-tu, mais alors pour être honnête, tu aurais dû alors mettre le titre de ta critique !

Niavlys 06/04/2007 09:52

    Oui, bon, d'accord, c'est vrai, j'aurais dû... Mais je tiens pas à perdre des visiteurs, moi ! ;-)