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De Sam Raimi.Avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco...
Scénario de Alvin Sargent, Sam Raimi et Ivan Raimi, d'après l'oeuvre de Stan Lee.
2 h 19 min, États-Unis.
Le genre : bruyant, naïf et abrutissant.
Vu en V.F.
►Le voici donc de retour, cet Homme-Araignée tant attendu. Et ça n'a pas l'air d'être terminé, les trois prochains épisodes étant déjà prévus. Mais concentrons-nous sur ce troisième opus.
Spider-Man devient donc méchant, temporairement (je ne vous apprends rien), et redevient ensuite gentil. Voilà, tout est dit. Car cette suite est, au niveau scénaristique, d'une pauvreté inquiétante. Si elle a la bonne idée de se relier au premier épisode de la série (référence annoncée dès le générique par un résumé éclair, en images, des précédents films), elle le fait de façon bien trop superficielle, balayant les points les plus intéressants en deux coups de toile d'araignée. Avec son lot d'invraisemblances toutes plus grossières les unes que les autres, l'histoire nous présente une surabondance de méchants et d'antihéros se livrant à un (im)pitoyable concours de circonstances, souvent sans queue ni tête (de quelque côté que ce soit). Les personnages humains, quant à eux, sont d'une niaiserie effarante et rarement atteinte, en particulier pour Tobey Maguire, franchement ridicule par moments (le pauvre). Et leurs dialogues ne sont guère mieux réussis (à noter, la profondeur de certaines répliques, déjà cultes : « Mais d'où ils sortent tous ces types ? », « Mais c'est magique ce truc ! », « Ah, le beurre brûle ! », ou encore « Je suis amoureux de la fille de mes rêves », cette dernière étant particulièrement redondante et pléonasmique). Les acteurs eux-mêmes sont souvent assez inexpressifs, il faut le dire. Même pas un poil émouvants quand il faut. Bref, ce Spider-Man 3 n'est pas franchement une réussite de tous ces côtés-là.
On se consolera grâce à la réussite des scènes d'action (quelque peu nombreuses), infiniment invraisemblables, toujours bourrées d'effets spéciaux, mais plutôt haletantes. Sam Raimi maîtrise en effet mieux le réalisme et la mise en scène de ce type de séquences. On se réjouira aussi que le cinéaste ait ajouté une dimension sociale à son oeuvre (quoique un peu vague), à travers la motivation de l'Homme-Sable : sa fille, gravement malade, qui nécessite d'urgence une opération, que ses parents ne peuvent pas payer.
En définitive, vu sa longueur (2 heures 20) et sa relative médiocrité, Spider-Man 3 n'est pas un film à conseiller, pas même pour passer un "bon moment". Le troisième Pirates des Caraïbes nous réservera-t-il une meilleure surprise ?


Zodiac, de David Fincher (Sortie le 17 mai, le lendemain, en raison de la projection au Festival de Cannes)
Steppin', de Sylvain White
Shinobi, de Ten Shimoyama
L'École des dragueurs, de Todd Philips
Tout ira bien, de Robert Thalheim
¤ Et aussi :
- Héros fragiles
- El Cielo dividido
¤ En savoir plus...
Très peu de sorties en salles pour ce mercredi d'ouverture du Festival de Cannes. Alors que l'incontournable festival a projeté mercredi soir (hier, vu mon retard habituel sur les sorties de la semaine) le dernier Wong Kar-Wai, My Blueberry Nights (avec Jude Law, Norah Jones et Natalie Portman, entre autres), les pauvres cinéphiles que nous sommes n'avons droit qu'à sept films, et encore, dans peu de salles. Je ne vous conseillerai pas la daube annoncée L'École des dragueurs, qui semble presque battre les records du Da Vinci Code en termes de nullité d'après les critiques presse. En revanche, le film à voir serait plutôt le Zodiac de David Fincher, avec Jake Gyllenhall (Brokeback Mountain), qui s'inspire de l'histoire d'un tueur en série californien jamais identifié. En compétition à Cannes, en plus.
Une petite annonce pour finir : les sorties de mercredi prochain ne seront pas faites. Pour une raison simple et qui va vraiment vous rendre jaloux(se), si ce n'est pas déjà fait : je serai au Festival de Cannes du mercredi 23 au dimanche 27 mai (et mon anniversaire est le 26, si ça vous intéresse)... La bonne nouvelle, c'est qu'il y a de grandes chances pour que j'y retourne, l'an prochain : en effet, le voyage risque de se faire, à partir de 2008, l'année de première. Vous en penserez ce que vous voulez, mais moi je trouve ça pas trop mal.
Bon cinéma...
¤ En ce qui me concerne...
(Gedo senki)
De Goro Miyazaki.
Avec les voix, en français, de Rémi Bichet, Georges Claisse, Nadine Girard...
Avec les voix, en japonais, de Junichi Okada, Bunta Sugawara, Aoi Teshima...
Scénario de Goro Miyazaki et Keiko Niwa.
1 h 55 min, Japon.
Le genre : fantastique, féérique, et... beau.
Vu en V.F.
►À 66 ans, Hayao Miyazaki commence à se faire un peu vieux. Pour ceux qui s'inquièteraient pour la survie de son cinéma, rassurez-vous : la relève est assurée avec Goro Miyazaki, le fils du
maître du cinéma d'animation japonais. Car son premier film, Les Contes de Terremer, est une très bonne réussite.
Cette adaptation du roman Contes de Terremer, de Ursula K. Le Guin, raconte l'épopée fantastique du magicien Épervier et de son jeune compagnon Arren, en croisade
contre le sorcier Aranéide, qui contrôle le royaume de Terremer pour réduire son peuple en esclavage. Ainsi, Goro Miyazaki décrit une société corrompue qui fait écho à la société humaine, et fait
passer, derrière cet univers fantastique, un message à portée humaniste et pacifiste des plus convaincants. De plus, des dialogues sur la vie, la mort et l'éternel (l'immortalité, enjeu du
conflit), d'une pertinence et d'une intelligence remarquables, viennent avec plaisir agrémenter le récit.
Mieux que le propos, Miyazaki fils s'attache beaucoup à l'image. La composition de ses plans se fait souvent en profondeur, les détails des décors sont minutieux. Mais la
principale préoccupation visuelle du cinéaste est visiblement les paysages. Flamboyants, colorés, d'une somptueuse beauté, ils représentent pour les personnages un idéal de liberté et de bonheur
inaccessible. Le soin accordé à ces arrière-plans est tel qu'ils nous servent de repère pour suivre le déroulement du temps.
Ces magnifiques paysages contrastent avec les sordides et sombres ruelles de la ville, ainsi qu'avec le gothique château d'Aranéide, lieux dans lesquels apparaissent par
moments des taches de lumière, soignées et recherchées, telles des lueurs d'espoir dans leur triste misère.
Ainsi, Goro Miyazaki, sans trop marcher dans les traces de son père, signe une magnifique fable fantastique et humaniste, en forme d'ode à la vie sous l'égide de la magie.
Parents, attention : Les Contes de Terremer sont bien moins "gentils" qu'il n'y paraît (à noter, la séquence du dénouement, excellente mais terrifiante). Soyez-en
prévenus. Mais c'est en partie ce qui fait la réussite de ce film.





![sylvain.brunerie [arobase] gmail.com](http://cineniavlys.free.fr/mail.png)





